mercredi 9 janvier 2013

Dégout


Dégout


Pour ton beau pantalon, je donnerai dix francs
Pour ta chemise à bouton je mettrai bien moins
Tes bottines de mouton fourrées sont un gain
Mais un sincère rire, jamais ne se vend.

Je l’ai cherché partout mais c’était sans espoir
Tu le cachais peut-être bien dans la nuit noire.
Le froid m’avait surprise et j’ai abandonné
Oubliant ce sourire et bredouille rentrer

Une fois au chalet, tu m’attendais, glacé
Tes yeux noirs et salés transpiraient sur mes mots
Tu m’as mal accueillie, je n’ai pensé qu’à moi,
« Au revoir », je t’ai dit. Je partis sans repos.

Te trouver, là, stoïque à chaque fin de nuit
Une fois réfugiée dans notre petit nid
Me dégoutait de toi et du reste du monde,
Tu éloignais de moi les envies à la longue.

J’ai cessée de parler à un gars qui détruit.
Son indifférence à mon égard m’a salie
A fait naître en mon cœur le mépris, la vengeance
Donc je perce aujourd’hui l’abcès de la malchance
. . . et redance !

Lucie tinelli

vendredi 21 décembre 2012

Le discours de la forêt


Le discours de la forêt :

Je la sens, elle est là, la magie de la vie
Celle qui rafraichit les champs et les blanchit
Pieds posés sur le sol, je demeure éveillée
A ces doux bruissements venus les caresser

Les brindilles telles des plumes imbibées d’encre
Viennent chatouiller et dessiner sur mes plantes
Ces lettres enivrées de la fraicheur du vent
Me transmettant les clés des mots les plus puissants

Je ne suis poète mais scribe de nature
Je rédige ses fêtes et fières allures
Je suis simple machine à écrire la beauté
Et je vis pour cela, pour tracer ses attraits

Sur du papier lisse je tatoue mon art
Celui que je ressens à travers mes racines
Perforer la peau de mes pauvres vieux panards
Dont le sang s’écoule sans bruit sur chaque ligne

C’est ainsi que j’exprime la douleur torride
Du bois ruisselant de la rosée du matin
Ces gouttes sont les larmes découlant du vide
Ressenti par ces arbres aux couleurs carmin

Et malgré ce néant que la forêt ressent
Elle semble assombrie de bien trop de feuilles
Qui se froissent au vent, me donnant tant et tant
Un peu comme ces mots à l’instant, sous votre oeil.            

                        Lucie Tinelli

jeudi 20 décembre 2012

Mer de l'enfer


Mer de l’enfer.


Un sillage sur les flots
Un village dans l’hublot
La terre n’est plus loin
Mais la mer à faim.

La bise se lève
C’est le vent qui relève
Le calme avant tempête,
Et refroidis la fête.

Sur le pont  on dansait,
Les fronts fiévreux perlaient
De sueur excitée,
Mais tout est terminé.

Les eaux se font rageuses,
Les vagues tapageuses
Et la coque s’élève,
Puis s’écrase sur la grève.

Le danger guette encore,
Le capitaine est mort.
Les pieds dansant s’agitent,
Dans tout les sens prennent fuite.

« Treizième homme à la mer !
Assurez vos arrières ! »
A tout moments s’attaquent
A eux sombres et vieux sacs.

La terreur règne, maîtresse
Sur cette mer « traîtresse »
Passagers se ramassent
Et les morts s’entassent.

Mais la mer n’est pas traîtresse
Elle vit, simple sauvage,
C’est l’homme qui s’en fait maître
Et qui finit au large. 


 Lucie Tinelli

Lassitude lassée


Lassitude  lassée.

Las de tout
Mais aussi de rien
Je suis la lassitude, la vraie
Lassée elle même de ses attraits
Qui feront d’elle une déesse condamnée
Lassée par l’hébétude de ces lassés
De cette terre enlacée dans les lasseaux
De la société qui lasse les hommes
Où les lassera un jour.
Car hélas, je suis las !
Et je fus homme, autre fois.
J’ai su ce qu’étaient les lasseaux
J’ai su vivre dans le faux.
Mais là, le vrai me prend de haut
Je tombe en porte à faux !
Noyée dans l’assaut s’agissant là d’un sceau d’eau
Balancé par un sot, de la haut.

            Lucie Tinelli

La parure du temps


La parure du temps.

C’est un cadran orné d’argent
Attaché à mon poignet
Chargé toujours de m’informer
Lors de ces si longs moments.

Elles peuvent jouer avec mon humeur
Ces aiguilles courant de plus belle
Me donnant chaque minute, chaque heure
Baisser mes yeux vers elle devient un rituel

C’est un bracelet de cuir troué
Dont le tic tac s’échappe constamment
Elle est à moi entièrement dévouée
Mais appartient à l’éternité du temps.

                   Lucie Tinelli